DAKAR, 20 novembre (XINHUA) -- Les mesures annoncées
par le président chinois Hu Jintao au sommet Chine-Afrique tenu il y a
juste deux semaines à Beijing, en faveur de la lutte contre le
paludisme en Afrique (don de médicaments antipaludiques et
construction de 30 centres d'étude et de traitement du paludisme), se
concrétisent déjà sur le terrain : un séminaire sur la coopération
sino-sénégalaise dans la lutte contre le paludisme s'est ouvert lundi à
Dakar, en présence d'experts et de responsables des deux pays, a constaté
Xinhua sur place.
A l'ouverture de cet atelier, premier du genre en
Afrique selon les organisateurs, le conseiller commercial de l'ambassade de
Chine,M. Zhou Zhaoming, a fait remarquer la rapidité avec laquelle a
démarré la coopération sino-sénégalaise en matière de santé après le
rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
M. Zhou a révélé que les discussions vont bon train
actuellement pour le retour de l'équipe médicale chinoise au
Sénégal, avant de se féliciter du début de coopération entre les
deux pays en matière de lutte contre le paludisme.
De son côté, le conseiller technique no 2 du
ministère sénégalais de la Santé et de la Prévention médicale, M.
Abdoulaye Ly, qui représente le ministre empêché, a abondé dans le sens de
la coopération entre Dakar et Beijing en matière de santé, avant de
souligner que dès lors il est naturel et légitime que le choix soit porté
sur la lutte contre le paludisme qui est le problème de santé pour toute
l'humanité et plus particulièrement l'Afrique où il tue chaque année plus
de 2,1 million de personnes, en grande majorité des enfants de moins de
cinq ans.
"Cette importante rencontre de trois jours sera sans
nul doute une occasion privilégiée d'échanger d'expériences entre les
experts chinois et le personnel médical sénégalais ayant la charge de
la lutte contre le paludisme au Sénégal", a-t-il dit, ajoutant que "ce
séminaire traduit l'excellence des relations de coopération entre la Chine
et le Sénégal".
Les représentants des deux parties ont ensuite
procédé à un échange poussé d'expériences dans les domaines aussi divers
que la prévention et le contrôle du paludisme, la prise en charge des
malades notamment des femmes enceintes et des enfants de bas âge,
ainsi que l'adoption d'une stratégie de lutte contre cette pandémie
en ce concerne le budget alloué à cet effet et le choix de médicaments
officaces et peu coûteux.
A en croire le coordonnateur du Programme national
de lutte contre le paludisme, le dr Moussa Thior, la moustiquaire utilisée
pour éloigner les piqûres de moustiques ne coûte que 2 dollars
aujourd'hui contre 9 dollars au Sénégal, alors que certains
médicaments antipaudiques sont distribués gratuitement dans le
pays.
Selon les experts chinois, la Chine a fait des
progrès considérables dans la lutte contre ce fléau, du fait que le
nombre de malades est passé de 60 millions en 1949 à 35 000 aujourd'hui
sur tout le territoire national.
Mais les deux parties ont
reconnu la nécessité d'aller encore de l'avant dans la prévention et le
traitement de cette maladie grâce à une étroite coopération entre les
différents milieux.