2006/11/04
Nous, Chefs d'Etat, Chefs de Gouvernement et
Chefs de Délégation de la République populaire de Chine et de 48 pays africains,
nous sommes réunis à Beijing les 4 et 5 novembre 2006 pour le Sommet du Forum
sur la Coopération sino-africaine.
Nous apprécions hautement ce Sommet tenu à
l'occasion du 50e anniversaire de l'inauguration des relations diplomatiques
entre la République populaire de Chine et les pays africains.
En vue de promouvoir l'amitié, la paix, la
coopération et le développement, nous avons passé en revue l'amitié, la
solidarité et la coopération sincères entre la Chine et l'Afrique durant le
demi-siècle écoulé et eu des discussions fructueuses sur les objectifs communs
ainsi que les perspectives de développement de la coopération sino-africaine
dans un nouveau contexte.
Conscients du fait que grâce aux efforts
conjugués de part et d'autre, le Forum sur la Coopération sino-africaine, créé
en 2000, constitue d'ores et déjà une plateforme importante pour le dialogue
collectif en même temps qu'un mécanisme efficace pour la coopération pragmatique
entre les deux parties, nous avons décidé d'accroître le rôle de ce Forum et
avons réaffirmé à cet effet la validité des buts et des objectifs définis dans
les documents adoptés par le Forum.
Nous considérons qu'aujourd'hui, le monde
connaît des mutations aussi complexes que profondes, que l'interdépendance
s'accentue de jour en jour dans la société humaine et que la recherche de la
paix, l'intensification du développement et la promotion de la coopération sont
devenues le courant de notre époque et les priorités de tous les
pays.
Nous déclarons que le développement de nos
relations amicales et de notre coopération sont en concordance avec les Cinq
Principes de la Coexistence pacifique ainsi qu'avec tous les principes
internationaux qui favorisent le multilatéralisme et la démocratie dans les
relations internationales. Nous élevons notre voix en faveur du multilatéralisme
et de la démocratie dans les relations internationales. Nous soulignons que la
diversité du monde doit être respectée et préservée, que tous les pays du monde,
grands ou petits, riches ou pauvres, puissants ou faibles, doivent se témoigner
mutuellement de l'estime, se traiter d'égal à égal et vivre dans la paix et
l'amitié et que les différentes civilisations et les divers modes de
développement doivent s'inspirer les uns des autres, progresser en interaction
et coexister dans l'harmonie.
Face à un approfondissement toujours plus marqué
de la globalisation économique, nous préconisons le renforcement de la
coopération Sud-Sud et du dialogue Nord-Sud et appelons l'Organisation mondiale
du Commerce à reprendre les négociations du cycle de Doha, pour promouvoir un
développement équilibré, coordonné et durable de l'économie mondiale de façon à
permettre à tous les pays d'en bénéficier et de réaliser le développement et la
prospérité communs.
Nous appelons à une réforme de l'ONU et des
autres institutions internationales multilatérales afin de les amener à mieux
servir tous les membres de la communauté internationale. Cette réforme doit
viser à accroître le rôle de l'ONU, à mettre pleinement en valeur les fonctions
de l'Assemblée générale de celle-ci et à accorder une plus grande attention à la
question du développement. Il faut donner la priorité à l'augmentation de la
représentation et de la pleine participation des pays africains au sein du
Conseil de Sécurité de l'ONU et dans d'autres institutions des Nations
Unies.
Nous estimons que la poursuite ferme par la
Chine, le plus grand pays en développement du monde, d'un développement
pacifique et les efforts déployés par l'Afrique, le continent regroupant le plus
grand nombre de pays en développement, pour sa stabilité, son développement et
son renouveau, constituent en soi une contribution de poids à la paix et au
développement dans le monde.
Les pays africains sont vivement encouragés par
l'essor rapide de l'économie chinoise. Ils adressent leurs félicitations à la
Chine et souhaitent qu'elle remporte de plus grands succès dans son édification
nationale. Ils réaffirment leur attachement au principe de l'unicité de la Chine
et apportent leur soutien à la réunification pacifique de celle-ci.
La Chine apprécie hautement les progrès
enregistrés par l'Afrique dans le maintien de la paix régionale, la promotion de
la coopération régionale et l'accélération du développement économique et
social, salue le rôle actif joué à cet égard par les pays africains, l'Union
Africaine et d'autres organisations régionales et sous-régionales, réaffirme son
appui aux pays africains dans leurs efforts tendant à gagner en puissance par le
resserrement de leurs rangs et à résoudre les problèmes africains de manière
indépendante, soutient les organisations régionales et sous-régionales de
l'Afrique dans leurs efforts pour promouvoir l'intégration économique et
soutient les pays africains dans la mise en œuvre des programmes du
NEPAD.
Nous appelons la communauté internationale à
encourager et à soutenir les efforts engagés par l'Afrique pour la recherche de
la paix et du développement et à apporter une plus grande assistance aux pays
africains en matière de règlement pacifique des conflits et de reconstruction
post-guerre. Nous exhortons surtout les pays développés à accroître leur aide
publique au développement et à honorer leurs engagements sur l'ouverture du
marché et l'annulation de dettes. Nous exhortons aussi les organisations
internationales concernées à accorder une assistance financière et technique
plus importante à l'Afrique afin de renforcer la capacité de celle-ci à réduire
la pauvreté et les calamités ainsi qu'à prévenir et à traiter la
désertification, et de l'aider à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le
Développement définis par les Nations Unies. La question du développement des
pays les moins avancés, des pays pauvres très endettés, des petits pays
insulaires et des pays sans littoral en Afrique doit retenir une plus grande
attention.
La Chine et l'Afrique, liées par une solidarité
et une coopération traditionnelles, partageant bonheur et malheur, se sont
toujours traitées en toute sincérité. L'amitié sino-africaine, ayant résisté aux
épreuves du temps et des aléas internationaux, s'est profondément enracinée dans
les esprits et s'est avérée encore plus puissante.
Dans un nouveau contexte, la Chine et l'Afrique,
unies par les mêmes objectifs en matière de développement et les intérêts
convergents, ont devant elles de vastes perspectives de coopération. En ce
nouveau siècle, la Chine et les pays africains auront à resserrer leur amitié
traditionnelle et à élargir leur coopération mutuellement avantageuse pour
réaliser leur développement partagé et leur prospérité commune.
Nous proclamons solennellement l'établissement
entre la Chine et l'Afrique d'un partenariat stratégique de type nouveau,
caractérisé par l'égalité et la confiance réciproque sur le plan politique, la
coopération gagnant-gagnant sur le plan économique ainsi que les échanges
bénéfiques sur le plan culturel et, à cet effet, nous sommes convenus de
:
- Multiplier les visites de haut niveau, engager
des dialogues stratégiques, accroître la confiance politique réciproque et
promouvoir une amitié durable ;
- Approfondir la coopération mutuellement
avantageuse, en étendre les champs d'action, encourager et intensifier les
échanges commerciaux et les investissements croisés, explorer de nouveaux modes
de coopération, donner la priorité à la coopération dans les domaines de
l'agriculture, de l'infrastructure, de l'industrie, de la pêche, de
l'informatique, de la santé publique et de la formation du personnel, en
valorisant, dans l'intérêt des peuples chinois et africains, la complémentarité
basée sur leurs atouts respectifs ;
- Intensifier les échanges de vues en matière de
gouvernance et de développement pour tirer profit des points forts de chacun
dans l'intérêt de tous, progresser ensemble et accroître les capacités
d'autodéveloppement des uns et des autres ;
- Renforcer le dialogue entre les différentes
cultures, promouvoir les échanges et l'interaction entre les peuples, en
particulier entre les jeunes des deux côtés, et intensifier les échanges et la
coopération dans les domaines culturel, scientifique, technologique, éducatif,
sportif, environnemental, touristique et des affaires des femmes ;
- Renforcer la coopération internationale pour
affronter ensemble les menaces sécuritaires mondiales et les défis de la
sécurité non-traditionnelle, et défendre les intérêts communs des pays en
développement dans l'esprit de la confiance réciproque, du bénéfice mutuel, de
l'égalité et de la coordination ;
- Renforcer le Forum sur la Coopération
sino-africaine, intensifier le dialogue collectif et accentuer la coordination
et la coopération entre le Plan d'Action du Forum d'une part et le NEPAD et les
programmes de développement socio-économique des pays africains d'autre part ;
et
- Traiter de façon appropriée les problèmes et
défis susceptibles de surgir dans la coopération, en engageant des consultations
amicales et en tenant compte de l'amitié sino-africaine et des intérêts à long
terme des deux côtés.
Nous estimons que la mise en place d'un
partenariat stratégique de type nouveau, qui représente la volonté unanime de la
Chine et de l'Afrique, résulte d'un choix fait par elles en toute indépendance
et sert les intérêts communs des deux côtés, aidera à renforcer la solidarité,
le soutien et l'assistance mutuels et l'unité des pays en développement et
contribuera à une paix durable et à un développement harmonieux dans le
monde.
Nous avons, dans l'esprit de cette Déclaration,
élaboré et adopté le Plan d'Action de Beijing (2007-2009) du Forum sur la
Coopération sino-africaine.
Nous apprécions les efforts et le travail
remarquable des Ministres participant à la 3e Conférence ministérielle du Forum
sur la Coopération sino-africaine, saluons les résultats du dialogue de haut
niveau entre les dirigeants chinois et africains et les représentants du monde
des affaires, et exprimons nos félicitations pour le plein succès de ce
Sommet.