Par Chen Shun
DAKAR, 25 septembre (XINHUA) -- Seydou Bodian
Kouyaté, écrivain malien de renommée internationale, s'est étendu dans un
entretien avec Xinhua (Chine nouvelle) sur les relations entre la Chine et
l'Afrique, à l'occasion de la visite la semaine dernière, à
Dakar, d'une délégation de l'Association du peuple chinois pour l'amitié
avec l'étranger.
La Chine doit sa prospérité à son économie de marché
socialiste
M. Seydou Bodian, considéré comme un "monument de la
littérature africaine" brille encore de tout son éclat à l'âge de 78
ans. Depuis les années 1960, ce "vieil ami de la Chine" selon Wang Yunze,
vice-président de ladite association chinoise, a visité plusieurs fois la
Chine et suivait de près l'évolution de ce géant asiatique. Il a vu à
Beijing (Pékin) Mao Zedong, Zhou Enlai, Deng Xiaoping et d'autres anciens
dirigeants chinois. Selon lui, la Chine doit sa prospérité d'aujourd'hui
notamment à l'instauration d'une économie de marché socialiste,
c'est-à-dire que "l'on construit l'écomomie libérale sous la direction du
Parti communiste chinois". "Pas de multipartisme aux relents
occidentaux. Pas de bavardage sur certaines questions historiques". Voilà
l'expérience chinoise ayant permis aux Chinois de vivre en paix et de
préserver la stabilité du pays, a-t-il indiqué, ajoutant que les Chinois
sont libres de s'investir dans les domaines souhaités, à condition que tout
le monde se conforme aux lois.
L'Afrique peut beaucoup faire avec la
Chine
A propos des perspectives de développement de
l'Afrique, le doyen des écrivains africains a proposé aux dirigeants des
pays d'Afrique de travailler avec la Chine en particulier dans les
domaines de l'agriculture et de l'industrie. L'Afrique peut réaliser
de vastes projets d'irrigation et augmenter la production céréalière avec
du matériel chinois qui coûte beaucoup moins cher que les machines
fabriquées ailleurs, a-t-il fait remarquer, avant de citer la culture de
riz. Selon lui, les repiqueuses de riz, de fabrication chinoise, sont deux
fois moins chères que les produits de même qualité importés d'autres
régions. Les tracteurs chinois aussi sont à la portée de différentes
bourses africaines.
Sur le plan industriel, il a estimé que la
transformation sur place des matières premières pourrait bénéficier du
concours des Chinois. "Il suffit que les dirigeants africains en
manifestent la volonté". "La Chine ne fait pas seulement des stades et des
palais en Afrique, mais aide également les pays africains à
s'industrialiser, à l'exemple des usines construites par la Chine au
Mali. Les cinq usines textiles réalisées par les Chinois au Mali il y a
plus de 30 ans fonctionnent toujours bien. Plus de 1 700 Maliens y
travaillent en permanence", a-t-il rappelé.
"L'Afrique regorge de ressources minières. Nous
avons du fer, de la bauxite, du pérole, etc. Au lieu d'importer ces
produits à des prix exorbitants, nous devons les exploiter. Comment
voulez- vous que l'on s'en sorte si le paysan malien, par exemple, achète
de l'engrais plus cher que l'agriculteur de la Californie? Les
engrais, nous pouvons le faire. Et nous le ferons avec la Chine",
a-t-il dit.
M. Seydou Bodian n'avait pas l'ombre d'un doute sur
la possiblité de réduire le taux de chômage des jeunes Africains et
de freiner l'émigration clandestine, si les pays africains
travaillent en collaboration avec la Chine dans tous les
domaines. "Tant que nous sommes soumis au diktat des institutions de
Bretton Woods, nous ne bougeons pas", a-t-il martelé. Et de conseiller
aux dirigeants africains de tourner sans tergiverser vers la Chine et
de bénéficier de l'expérience chinoise pour l'émergence de l'Afrique
au 21e siècle. Fin