Excellence, Monsieur l'Envoyé spécial du
gouvernement éthiopien au Forum sur la coopération sino-africaine Haile-Kiros
Gessesse,
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs les Chefs de Mission
diplomatique,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Aujourd'hui s'ouvre solennellement à Beijing la
4e réunion de hauts fonctionnaires du Forum sur la coopération sino-africaine.
Les représentants venant de 46 pays africains, les hôtes d'honneur de 8
organisations régionales importantes, des chefs de mission diplomatique
accrédités en Chine et des délégués chinois se réunissent ici pour mener des
consultations et des discussions sur le renforcement de la coopération
sino-africaine dans le cadre du Forum, ce qui témoigne pleinement de la volonté
politique et de la détermination de la Chine et des pays africains de renforcer
leur solidarité et leur coopération. Tout d'abord, permettez-moi d'adresser une
nouvelle fois, au nom du Comité de suivi chinois du Forum, mes chaleureux
souhaits de bienvenue aux amis venus de loin.

La convocation de cette réunion coïncide avec le
5e anniversaire du Forum sino-africain, ce qui lui donne un sens tout à fait
symbolique. Nous sommes heureux de constater que pendant les 5 ans écoulés,
grâce à l'attachement de la Chine et des pays africains au Forum, à leurs soins
attentionnés et à leurs efforts communs, le Forum s'est développé de manière
dynamique et s'est renforcé sans cesse pour devenir un nouveau pont d'amitié
entre la Chine et l'Afrique.
Maintenant, chargée par le Secrétariat du Comité
de suivi chinois du Forum, j'ai l'honneur de vous présenter les actions de suivi
engagées depuis la 2e Conférence ministérielle du Forum tenue en décembre 2003 à
Addis-Abéba.
Après la 2e Conférence ministérielle, la Chine
et les pays africains se sont aussitôt mis au travail pour mettre en œuvre les
actions de suivi inscrites dans le Plan d'action d'Addis-Abéba (2004-2006) tout
en y accordant une grande importance. Le soutien énergique de nombreux pays
africains et les efforts conjugués des deux parties ont permis au travail de
suivi de se poursuivre jusqu'ici dans d'heureuses conditions, et des résultats
satisfaisants se sont réalisés dans certains domaines, donnant ainsi un coup
d'impulsion énergique au développement des échanges amicaux et des relations de
coopération globale entre la Chine et l'Afrique. J'aimerais maintenant vous
faire un bilan en 6 points des actions de suivi :
I. Les échanges et la coopération politiques
entre la Chine et l'Afrique continuent de s'intensifier.
Premièrement, les échanges de visites de haut
niveau ont été fréquents. En décembre 2003, le Premier Ministre du Conseil des
Affaires d'État Wen Jiabao a participé à la 2e Conférence ministérielle du Forum
à Addis-Abéba et visité l'Éthiopie. En 2004, ont été successivement en Afrique
le Président chinois Hu Jintao, le Président du Comité permanent de l'Assemblée
populaire nationale Wu Bangguo, le Vice-Président chinois Zeng Qinghong et le
Vice-Premier Ministre Huang Ju. Voilà une toute première fois dans l'histoire de
l'amitié sino-africaine que quatre dirigeants principaux de la Chine se rendent
en Afrique dans une même année, ce qui montre pleinement la haute importance
qu'attachent les dirigeants chinois au développement des relations amicales
sino-africaines dans la nouvelle conjoncture. Durant le premier semestre de
2005, le Vice-Premier Ministre Zeng Peiyan et le Vice-Président de la Commission
militaire centrale, Conseiller d'État et Ministre de la Défense nationale Cao
Gangchuan ont visité l'Afrique. Le Ministre chinois des Affaires étrangères,
quant à lui, a gardé la tradition d'effectuer au début de chaque année une
tournée en Afrique. En 2005, le Ministre Li Zhaoxing a visité 4 pays africains,
et a participé, en tant qu'envoyé spécial du Président Hu Jintao, à la
Conférence internationale sur le Développement durable des petits pays
insulaires en développement à l'île Maurice.
De 2004 à août 2005, nous avons eu l'honneur
d'accueillir en Chine 13 présidents, 2 vice-présidents, 5 premier ministres, 9
présidents de parlement et 14 ministres des Affaires étrangères des pays
africains.
Durant toutes ces visites importantes, les
dirigeants des deux parties ont non seulement procédé à un large échange de vues
sur les relations bilatérales et les questions régionales et internationales
d'intérêt commun, mais aussi mené des consultations sur la mise en œuvre des
actions de suivi du Forum. Ils estiment unanimement que le Forum, en jouant un
rôle croissant pour assurer le dialogue collectif et la coopération pragmatique
entre la Chine et l'Afrique, a insufflé une nouvelle dynamique à la coopération
sino-africaine dans les différents domaines et lui a créé de nouvelles
perspectives. Les consensus sur la coopération sino-africaine, réalisés lors de
ces visites, ont jeté une base politique solide pour le développement ultérieur
du Forum et la bonne exécution des projets de suivi.
Par ailleurs, les échanges entre les services
gouvernementaux ont été nombreux, les visites réciproques entre les organes
législatifs se sont multipliées, les contacts au niveau de partis politiques se
sont accrus et ceux entre les collectivités locales et les organismes non
gouvernementaux ont été dynamiques. Ces contacts et échanges ont permis de
renforcer la connaissance mutuelle et l'amitié entre les peuples chinois et
africain et d'élargir la coopération sino-africaine dans tous les domaines,
créant ainsi des conditions favorables à la mise en œuvre des actions de
suivi.
Deuxièmement, la Chine et l'Afrique ont continué
de maintenir des consultations étroites, de se prêter soutien et de travailler
en coordination dans les affaires internationales et sur les questions
d'importance majeure, ce qui a contribué à accroître la force collective et la
synergie des pays en développement pour sauvegarder ensemble leurs intérêts
communs. En avril dernier, le Président Hu Jintao a participé au Sommet
Afro-asiatique 2005 et aux commémorations du cinquantenaire de la Conférence de
Bandung. À cette occasion, il a présenté des propositions et des idées sur la
construction d'un partenariat de type nouveau entre l'Asie et l'Afrique, à
savoir : l'Asie et l'Afrique sont appelées à devenir des partenaires qui se
respectent et se soutiennent sur le plan politique, se complètent en vue des
avantages réciproques et d'une situation gagnant-gagnant sur le plan économique,
s'inspirent l'une de l'autre sur le plan culturel, se font confiance, se
traitent en égalité et mènent des dialogues et une coopération sur le plan de la
sécurité. La coopération sino-africaine est une composante importante de la
coopération Asie-Afrique, et ces propositions constituent les principes
directeurs pour la Chine dans le renforcement de sa coopération amicale avec les
pays africains.
Sur les dossiers internationaux impliquant
l'Afrique, la Chine s'est toujours rangée du côté des amis africains, en
s'employant à défendre la justice en leur faveur. Elle a pris une part active
aux discussions au sein du Conseil de sécurité sur les questions africaines et
soutenu les positions justes et les revendications légitimes des pays africains,
tout en écoutant leurs avis et se faisant porte-parole de leurs préoccupations.
Lors des élections de la Commission des droits de l'homme de l'ONU et de celles
de la sous-commission en 2004, la Chine a accordé son soutien à l'Afrique sous
différentes formes. En octobre 2004, la Chine a organisé le premier séminaire
Chine-Afrique des droits de l'homme pendant lequel elle a eu des discussions
approfondies sur la question des droits de l'homme avec les délégués de 27 pays
africains, et les deux parties sont parvenues à une large identité de vues. Ce
séminaire a contribué au renforcement de la compréhension mutuelle entre la
Chine et l'Afrique dans les affaires internationales, notamment sur le sujet des
droits de l'homme, et à l'intensification de leur dialogue, leurs échanges et
leur coopération dans ce domaine. En juin dernier, le Vice-Premier Ministre Zeng
Peiyan a participé au 2e Sommet des Pays du Sud et a eu, à cette occasion, des
échanges de vues avec des dirigeants africains sur des questions importantes
dont le renforcement de la solidarité et de la coopération Sud-Sud.
S'agissant des projets de résolution concernant
la Chine pendant les sessions des droits de l'homme des Nations Unies, de la
question de Taiwan dans le cadre de l'Assemblée mondiale de la Santé ou des
élections au sein de certaines organisations internationales, la plupart des
pays africains ont accordé leur ferme soutien à la Chine.
Sur la question de la réforme de l'ONU, la Chine
a eu d'amples consultations et une large coopération avec les pays africains.
Elle comprend et soutient les aspirations politiques de l' Afrique, et elle
comprend et respecte le Consensus d'Ezulwini. Elle soutient fermement
l'élargissement en priorité de la représentation des pays en développement,
notamment des pays africains au sein du Conseil de sécurité, et souhaite voir
l'Afrique jouer un rôle plus important dans les affaires de l'ONU et du Conseil
de sécurité. Les pays africains, quant à eux, comprennent et soutiennent la
position chinoise sur ce sujet.
Troisièmement, la Chine soutient l'Union
Africaine et les organisations sous-régionales africaines dans leurs efforts
pour s'unir en vue de leur puissance, et a renforcé à cet égard sa coopération
avec elles. En 2004 comme en 2005, le gouvernement chinois a fait des dons à
l'UA pour soutenir la construction de l'Organisation et la mise en valeur de son
rôle principal dans le règlement des problèmes africains. La Chine a envoyé, sur
invitation, des représentants pour assister aux sommets de l'UA et a désigné, au
début de l'année 2005, ses représentants à l'UA et à la SADC. La semaine
dernière, le Président de la Commission de l'UA Alpha Omar Konaré a effectué une
visite fructueuse en Chine. La Chine a décidé d'aider l'UA à réaliser une statue
commémorative, un projet dont les préparatifs sont en cours. Elle a aussi
participé activement aux activités des organisations sous-régionales
africaines.
Quatrièmement, la Chine et l'Afrique ont
renforcé leur coopération dans les domaines de la paix et de la sécurité. La
Chine a pris une part active aux opérations de maintien de la paix de l'ONU en
Afrique. Depuis 2004, elle a envoyé 567 agents militaires supplémentaires dans
le cadre des opérations de maintien de la paix de l'ONU au Liberia, en Côte
d'Ivoire, au Burundi et en éthyopie-Erythrée. En mars dernier, elle a décidé de
participer à l'opération au Soudan. En avril, elle a réalisé dans d'heureuses
conditions la relève de 218 soldats chinois qui faisaient partie de l'opération
de maintien de la paix de l'ONU en République démocratique du Congo.
Actuellement, elle s'est engagée dans 7 opérations de maintien de la paix en
Afrique, avec au total 843 agents militaires sur le terrain. Leurs qualités et
leur travail ont été unanimement appréciés par les parties
concernées.
Cinquièmement, de
nombreux pays africains s'en tiennent à la politique d'une seule Chine et
soutiennent la noble cause de la réunification de la Chine. En mars dernier,
l'Assemblée populaire nationale (APN) de Chine a adopté la Loi anti-sécession.
Les pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine ont exprimé,
sous différentes formes, leur ferme soutien à la juste position de la Chine en
vue de préserver la souveraineté d'État et son intégrité territoriale. La Chine
tient à leur exprimer sa haute appréciation et ses sincères
remerciements.
II. La coopération économique et commerciale
sino-africaine progresse de façon régulière et un bon élan se dessine dans son
développement.
Premièrement, de
nouveaux progrès ont été réalisés dans l'assistance fournie par la Chine à
l'Afrique. Du début de l'année 2004 jusqu'à la fin mai 2005, la Chine a accordé
167 programmes d'assistance à 46 pays africains, ce qui représente une
augmentation considérable par rapport aux années précédentes, avec une part
d'aides sans contrepartie de plus en plus importante. Dans le cadre de cette
assistance, elle a pris à sa charge la réalisation de 42 projets complets dans
29 pays africains, de 38 projets de coopération techniques dans 27 pays et de 42
projets avec la fourniture de matériels ordinaires dans 26 pays ; dans le cadre
des prêts préférentiels, elle a assumé la réalisation de 4 projets dans 4 pays.
Grâce à ces assistances, la Chine a aidé les pays africains dans la construction
des infrastructures et la mise en place des services sociaux, tels que les
routes, les écoles, les systèmes d'alimentation en eau dans les villes, les
hôpitaux, etc.
Deuxièmement, de
nouvelles percées ont été réalisées dans les investissements en Afrique. En
2004, les investissements directs (ID) chinois en Afrique ont totalisé 135
millions de dollars US, chiffre le plus important de ces dernières années. Entre
l'année 2004 et fin mai 2005, 116 entreprises ont été créées en Afrique avec les
investissements chinois dont la somme contractante a atteint 690 millions de
dollars US. De janvier à juin de cette année, les ID chinois en Afrique se sont
chiffrés à 124 millions de dollars US. Jusqu'à fin juin 2005, le volume total
des ID chinois en Afrique s'est élevé à 750 millions de dollars US. Jusqu'à
présent, la Chine a signé, avec 25 pays africains, des accords bilatéraux sur la
promotion et la protection des investissements.
Troisièmement, les
échanges commerciaux sino-africains se développent rapidement. En 2004, le
volume import-export sino-africain était de 29,462 milliards de dollars US, soit
une augmentation de 58,9% par rapport à l'année précédente. Le tissu du commerce
sino-africain est devenu de plus en plus rationnel, le déséquilibre commercial a
continué à se réduire, et l'exportation africaine vers la Chine a accusé une
augmentation considérable. Dans les échanges commerciaux sino-africains, la
Chine a un déficit de 1,83 milliards de dollars US. Jusqu'en mai 2005, elle a
signé des accords commerciaux avec 41 pays africains, et des accords pour éviter
la double imposition avec 8 pays africains. En 2005, la situation s'est avérée
fort encourageante. De janvier à juin, le volume des échanges commerciaux s'est
établi à 18,078 milliards de dollars US, avec une augmentation de 42,57% par
rapport à la même période de 2004 ; et la valeur des importations chinoises en
provenance de l'Afrique était de 9,62 milliards de dollars US, soit une
croissance de 39,41%.
Quatrièmement, les
travaux de construction pris en charge forfaitaire par la Chine en Afrique et la
coopération sino-africaine en matière de prestation de services gagnent toujours
en dimension. Pendant l'année 2004 et la première moitié de l'année 2005, les
entreprises chinoises ont pris en Afrique des contrats de travaux forfaitaires
totalisant une somme de 10,06 milliards de dollars US, et a réalisé un chiffre
d'affaires de 6,3 milliards de dollars US ; elles ont signé de nouveaux contrats
de prestation de services d'une somme de 3,36 milliards de dollars US et réalisé
un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars US. La coopération en matière
de travaux forfaitaires et de prestation de services entre la Chine et l'Afrique
a devant elle de très belles perspectives.
Cinquièmement, le
traitement de tarif zéro pour une partie des marchandises exportées par 28 PMA
africains vers la Chine s'applique dans d'heureuses conditions. 190 catégories
de produits en provenance de 25 pays africains ont commencé à bénéficier d'une
exemption des droits de douane à partir du 1er janvier 2005, et 3 autres pays
sont en cours d'accomplissement des procédures d'échange de notes. Selon les
statistiques de la Douane chinoise, la valeur des marchandises importées
bénéficiant de ce traitement préférentiel a augmenté de plusieurs fois durant la
période janvier-juin de cette année. Pour ces 190 catégories de produits en
provenance des 25 pays bénéficiaires, le volume d'importation chinoise a atteint
138 millions de dollars US, soit une augmentation de 70,2% par rapport à l'année
dernière, et la valeur totale de taxes exonérées était de 29,746 millions de
yuans RMB. Afin d'assurer l'application sans à-coups de ces mesures
préférentielles, la Chine a organisé des cours de formation technique pour des
fonctionnaires des institutions chargées de l'octroi des certificats d'origine
de douane et des agents douaniers de certains pays africains. La Douane chinoise
a pris l'initiative de mettre en place, avec les ambassades des pays
bénéficiaires en Chine, un mécanisme d'officiers de liaison pour l'octroi des
certificats d'origine, ceci dans le but de garantir une exportation plus facile
et plus rapide des produits africains concernés vers la Chine.
Sixièmement, les
accords conclus et les programmes définis pendant la 1ère Conférence des
entrepreneurs chinois et africains sont mis en application de manière
satisfaisante dans l'ensemble. Lors de la Conférence, 21 accords de coopération
portant sur une somme d'un milliard de dollars US ont été signés. Grâce aux
efforts actifs de la partie chinoise pour pousser les entreprises concernées à
matérialiser les accords conclus, l'accord sur l'aménagement des réseaux
électriques dans la région rurale avec une valeur totale de 130 millions de
dollars US, signé par China National Aero-technology Import & Export
Corporation et Zimbabwe Electricity Supply Authority est entré en exécution.
Dans le même temps, des efforts ont été consacrés pour démarrer d'autres projets
au plus tôt, tandis que les préparatifs pour la création de la Chambre de
Commerce et d'Industrie Chine-Afrique se déroulent dans de bonnes
conditions.
III. La coopération en matière de développement
des ressources humaines africaines s'est intensifiée. La coopération sur la
revalorisation des ressources humaines en Afrique constitue un des domaines
prioritaires définis lors de la 2e Conférence ministérielle. Le gouvernement
chinois y apporte une attention particulière, et le Premier Ministre Wen Jiabao
a donné, à plusieurs reprises, des directives à ce sujet. Sur la base existante,
la Chine a accru les investissements dans le secteur de formation tout en
élargissant sa dimension. De plus, elle a mis sur pied le Mécanisme de
coordination interministériel pour la coopération avec l'étranger dans le
développement des ressources humaines. Comparé à 2003, la Chine a plus que
doublé, en 2004, son budget consacré à la formation des Africains et a organisé
une centaine de stages de formation multiformes dans de nombreux domaines tels
que l'agriculture, la santé, l'éducation, la culture, les affaires douanières et
la diplomatie. Elle a reçu au total 2 446 stagiaires et 332 nouveaux étudiants
africains et envoyé en Afrique plus de 60 professeurs en éducation
professionnelle pour faciliter la formation des talents. Voilà une contribution
active au renforcement de la construction de capacité des pays africains. Par
ailleurs, la Chine a travaillé activement pour intensifier les échanges et la
coopération avec les organisations africaines de la construction de capacité. En
juin 2005, le gouvernement chinois a envoyé son observateur assister à la 14e
session annuelle du Conseil d'administration de la Fondation pour le
renforcement des capacités en Afrique. La Chine compte former en 2005 plus de 3
800 personnes dans différents domaines pour les pays africains.
IV. Les actions de suivi se poursuivent
régulièrement sur les plans agricole, sanitaire, culturel, touristique et des
échanges non gouvernementaux.
Sur le plan agricole,
la Chine continue à envoyer des experts dans les pays africains pour généraliser
des techniques agricoles, former sur place les talents spécialisés en
agriculture ; elle encourage activement les entreprises chinoises à s'installer
en Afrique pour développer la coopération agricole et à explorer de nouveaux
moyens pour intensifier cette coopération.
Sur le plan sanitaire,
la Chine a signé ou renouvelé, avec les pays africains concernés, 22 protocoles
sur l'envoi des équipes médicales en Afrique, et a réalisé la relève régulière
de 810 personnes parmi les 1 100 membres de ces équipes. Elle continue à fournir
à titre gratuit des médicaments ainsi que des équipements et matériels médicaux
aux pays africains et mène avec eux une coopération efficace dans la lutte
contre le sida, le paludisme et la tuberculose.
Sur le plan culturel,
le Festival international « Rendez-Vous à Beijing » a eu lieu avec succès en mai
2004, avec l'Afrique comme hôte d'honneur. 9 groupes artistiques et les
délégations culturelles gouvernementales de 8 pays africains ont participé au
Festival. Une exposition consacrée principalement aux arts africains a été
organisée en même temps. Le Premier Ministre chinois Wen Jiabao a assisté à la
cérémonie de clôture du Festival et a hautement apprécié cette manifestation. En
juillet 2004, les festivités de la « Tournée en Afrique de la culture chinoise »
ont trouvé un grand succès dans 16 pays et régions africains. La Conseillère
d'État Chen Zhili s'est déplacée en Afrique du Sud pour participer à la
cérémonie d'ouverture. Les troupes chinoises de chants et de danses,
d'acrobaties et d'arts martiaux ont fait une tournée dans 11 pays africains et
ont organisé des festivals artistiques chinois en Afrique du Sud, au Cameroun et
au Ghana. Les échanges culturels non gouvernementaux entre la Chine et l'Afrique
s'intensifient chaque jour davantage. De l'année 2004 jusqu'à présent, les
groupes artistiques non gouvernementaux des deux parties ont réalisé une dizaine
de projets culturels y compris des spectacles et des expositions.
Sur le plan
touristique, la Chine a signé en 2004 des mémorandums d'entente sur le statut de
destination approuvée avec 8 pays africains. Les programmes de voyage organisé
pour les Chinois dans ces pays ont été formellement lancés à partir du 15
décembre 2004, et le nombre de touristes chinois se rendant en Afrique augmente
sans cesse. En avril dernier, l'Ouganda a obtenu le statut de destination
approuvée, portant ainsi à 12 le nombre des pays africains bénéficiaires de ce
statut. Selon des statistiques incomplets, pour l'année 2004, 45 500 touristes
chinois ont choisi l'Afrique du Sud et l'Égypte comme premières destinations de
leur voyage. De janvier à mai 2005, 26 200 touristes chinois ont choisi les 12
pays africains ayant le statut de destination approuvée comme leurs premières
destinations touristiques.
Sur le plan des
échanges non gouvernementaux, le premier Festival des Jeunesses chinoise et
africaine s'est tenu avec succès en Chine en août 2004. 132 représentants des
jeunes venant de 44 pays africains y ont pris part. Les parties chinoise et
africaine ont accordé une haute importance à cet événement : le membre du Bureau
politique du Comité central du Parti communiste chinois et Vice-Président du
Comité permanent de l'APN Wang Zhaoguo a assisté à la cérémonie d'ouverture et a
prononcé un discours, le Président de la République populaire de Chine Hu Jintao
et les dirigeants de 23 pays africains ont adressé leurs félicitations par
courrier et exprimé leur haute appréciation à cette manifestation. Le Forum de
coopération des jeunes chinois et africains a eu lieu lors du Festival, ouvrant
ainsi une voie pour le dialogue collectif et la coopération entre les
organisations chinoises et africaines pour les jeunes. Le Forum a publié la
Déclaration de Beijing et organisé des rencontres entre les jeunes entrepreneurs
ainsi que des échanges culturels entre les jeunes chinois et Africains, ce qui a
approfondi la connaissance mutuelle et resserré les liens d'amitié entre les
jeunes chinois et africains.
V. La Chine et
l'Afrique s'emploient à explorer de nouvelles pistes pour leur coopération afin
d'en exploiter les potentialités et d'en élargir les champs
d'application.
La coopération
sino-africaine en matière de protection de l'environnement a démarré
formellement. En février dernier, l'Administration nationale de l'environnement,
le Comité de suivi chinois du Forum et le Programme des Nations Unies pour
l'environnement ont co-organisé à Nairobi la Conférence Chine-Afrique sur la
protection de l'environnement. Le Vice-Premier Ministre chinois Zeng Peiyan a
participé à la Conférence et lancé des initiatives visant à élargir les domaines
des échanges sino-africains en matière de protection de l'environnement, à
promouvoir énergiquement la coopération technologique en la matière et à
intensifier la formation des talents, indiquant ainsi l'orientation pour la
coopération environnementale sino-africaine. Cette Conférence, premier projet de
coopération réalisé entre le Forum et une institution des Nations Unies, est une
initiative toute nouvelle pour explorer de nouveaux champs et moyens de
coopération. Actuellement, les projets de coopération en matière de protection
de l'environnement se déroulent de façon régulière.
Dans le domaine
financier, la Banque populaire de Chine continue à participer activement aux
activités de la Banque africaine de développement (BAD). Après sa participation
au capital de la BAD et à celui de Eastern and Southern African Trade and
Development Bank, la Banque populaire de Chine est devenue officiellement
actionnaire de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) en octobre
dernier, et a apporté un million de dollars US afin de créer au sein de la BOAD
un fonds pour la coopération technique bilatérale. Aujourd'hui, les deux parties
envisagent des arrangements sur l'utilisation de ce fonds.
La Chine a lancé le
programme des Jeunes volontaires chinois en Afrique. Il y a quelques jours, les
premiers 12 jeunes volontaires chinois sont partis travailler en Éthiopie. La
Chine continuera à envoyer ses jeunes volontaires dans les pays africains de
façon planifiée.
Pour faire face à une
croissance rapide des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique, les deux
parties sont en train d'étudier la possibilité de coopération en matière de
contrôle de qualité et de quarantaine, en vue de favoriser le développement sain
des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique.
VI. Les parties
chinoise et africaine déploient des efforts communs pour perfectionner le
mécanisme de suivi du Forum.
La partie chinoise
travaille sans cesse pour améliorer la structure du Comité de suivi chinois du
Forum. En réponse aux besoins du Forum d'élargir les champs de coopération, elle
a fait inclure graduellement de nouvelles institutions dans ce mécanisme et
organisé à maintes reprises des sessions plénières du Comité pour encourager les
institutions pertinentes chinoises à œuvrer ensemble à la mise en œuvre des
actions de suivi selon une meilleure planification et avec une meilleure
coordination.
Le Secrétariat du
Comité de suivi chinois du Forum maintient de bonnes relations d'échanges et de
coopération avec le corps diplomatique africain en Chine. Depuis la 2e
Conférence ministérielle du Forum, les deux parties ont déjà eu 5 réunions de
consultations. Le corps diplomatique africain en Chine, très attaché à la
coopération sino-africaine dans le cadre du Forum a soumis à la partie chinoise
en mai dernier un document de position sur le Forum, après avoir mené
attentivement plusieurs tours de consultations collectives. Ce document contient
des propositions constructives pour renforcer la construction du mécanisme du
Forum et la coopération réaliste entre la Chine et l'Afrique. Je voudrais
profiter de cette occasion pour exprimer mon appréciation et ma gratitude à Son
Excellence Monsieur Eleih-Elle étian, Doyen du Corps diplomatique et Ambassadeur
du Cameroun en Chine, ainsi qu'au Corps diplomatique africain, pour leur travail
efficace à cet égard.
À cette occasion, je
voudrais souligner en particulier que l'Éthiopie, en tant que co-président du
Forum, a joué un rôle important et actif. Elle a engagé plusieurs consultations
avec la partie chinoise sur l'approfondissement de la coopération sino-africaine
et la construction du Forum, et a procédé à des coordinations actives avec les
autres pays africains, apportant par là sa part de contribution au développement
continu du Forum et à l'exécution sans à-coups du plan d'actions de suivi. La
Chine tient à lui en exprimer son appréciation et ses
reconnaissances.
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs les Chefs de Mission
diplomatique,
Au cours des deux dernières années, les actions
de suivi du Forum ont donné des fruits encourageants. Mais ils s'avèrent
insuffisants face à l'évolution de la situation et à l'attente ardente des
parties chinoise et africaine. Le Plan d'action d'Addis-Abéba est un programme
systémique qui couvre de nombreux domaines et concerne des dizaines de pays
africains, et son application nécessite de grands efforts conjoints de nos deux
parties. À la lumière du Plan d'action d'Addis-Abéba, la Chine est prête à
coopérer étroitement avec les nombreux pays africains et, en faisant le bilan
des expériences et en exploitant pleinement les succès obtenus, à consacrer de
gros efforts pour matérialiser ce Plan d'action. D'ici à la prochaine Conférence
ministérielle, elle entend concentrer ses efforts dans les domaines suivants :
maintenir la dynamique de l'échange de visites de haut niveau entre la Chine et
l'Afrique, multiplier les échanges et renforcer la confiance mutuelle sur le
plan politique ; intensifier les consultations et la coordination et assurer le
soutien réciproque et la coordination dans les affaires internationales ;
élargir sa coopération avec l'Union Africaine et les organisations
sous-régionales africaines ; continuer à participer aux opérations onusiennes de
maintien de la paix en Afrique tout en y apportant un appui actif ; continuer à
accorder, dans la mesure du possible, des assistances économiques aux pays
africains ; appliquer effectivement le traitement de tarif zéro pour certains
produits en provenance des PMA, accomplir au plus tôt l'échange de notes avec
les 3 pays africains afin de faciliter l'exportation rapide des produits
africains vers la Chine et sensibiliser grâce aux efforts des deux parties plus
d'entreprises pour qu'elles puissent connaître cette mesure et en profiter ;
élargir les champs de coopération sino-africaine et explorer la possibilité
d'inclure, dans le cadre du Forum, la coopération en matière de contrôle de
qualité et de quarantaine, afin de promouvoir le développement sain des échanges
commerciaux sino-africains ; adopter des mesures effectives pour encourager les
entreprises chinoise à investir en Afrique et à participer à sa construction
économique ; continuer à renforcer la coopération en matière de développement
des ressources humaines africaines et honorer effectivement l'engagement fait
par le Premier Ministre Wen Jiabao au nom du gouvernement chinois sur la
formation en l'espace de 3 ans, de 10 000 talents dans divers domaines pour les
pays africains ; explorer de nouveaux champs et approches de coopération
technique dans le secteur agricole entre la Chine et l'Afrique, etc. Nous ferons
de notre mieux pour matérialiser intégralement le Plan d'action, en apportant
des résultats satisfaisants à la prochaine Conférence ministérielle.
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs les Chefs de Mission
diplomatique,
Le Forum sur la coopération sino-africaine a
remporté des succès remarquables depuis sa création, grâce à la grande
importance que les deux parties y accordent et à leurs efforts conjoints. Le
Forum étant une entreprise commune de la Chine et de l'Afrique, l'avancement et
la concrétisation de ses actions de suivi nécessitent des efforts encore plus
grands et une coopération encore plus étroite des deux parties. Nous espérons
que, pendant la présente Réunion, les délégués pourront avancer des propositions
utiles pour assurer la bonne réalisation des actions de suivi du Forum, ceci
dans le but de promouvoir l'application intégrale et effective du Plan d'action
d'Addis-Abéba et de faire progresser les relations amicales sino-africaines
d'une manière globale, systématique et pragmatique. Nous sommes convaincus que
grâce aux efforts conjoints des deux parties, le Forum sur la coopération
sino-africaine deviendra plus efficace et plus dynamique, et remportera de plus
grands succès.
Je vous
remercie.
(2005-08-22)