Par DING Yong et LI
Benzhong
LOME, 19 mars (XINHUANET) -- Depuis 1972, date de
l'établissement des relations diplomatiques entre la République Populaire
de Chine et le Togo, une coopération fructueuse s'est instaurée et n'a
cessé de se développer entre les deux pays, aussi bien dans les
domaines politique, économique que technique.
Situant dans le cadre des relations Sud-Sud, cette
coopération se révèle agissante malgré la conjoncture économique
internationale difficile pour tous les pays, notamment ceux en voie
de développement.
Le bilan de ce partenariat est encourageant et
incite à jeter un regard optimiste vers l'avenir.
Tout d'abord, au plan politique, les relations
sino-togolaises ont connu une évolution harmonieuse depuis 1974, grâce à
l'amitié et l'entente qui ont toujours existé entre les dirigeants et les
peuples des deux pays ainsi qu'à l'identité de vues sur les
questions de politique internationale.
Membres de l'ONU, la Chine et le Togo partagent les
grands principes qui régissent les relations internationales, à savoir
le respect mutuel de la souveraineté, la non-agression mutuelle, la
non-ingérence dans les affaires intérieures, l'égalité,
l'avantage réciproque et la coexistence pacifique.
Cette politique vise à renforcer et à consolider la
solidarité et la coopération avec les pays du tiers monde et à développer
des relations amicales et pacifiques avec les pays voisins.
La Chine et le Togo soutiennent ainsi le
non-alignement, oeuvrent pour le maintien de la paix mondiale et
s'opposent à l'hégémonie et à la politique du plus fort.
Dans ses relations avec le continent africain en
général et le Togo en particulier, Beijing opte pour un règlement
pacifique des conflits inter-Etats ou internes et prône le recours au
dialogue et à la concertation pour trouver des solutions durables à tout
différend. Aussi les autorités chinoises ont-elles toujours observé
et continuent d'afficher la neutralité dans la crise socio- politique qui
sévit au Togo depuis un peu plus de 15 ans, demandant aux Togolais
d'aplanir par eux-mêmes leurs divergences.
La coopération bilatérale entre la Chine et le Togo
reposent juridiquement sur trois accords et quatre protocoles d'accord. Il
s'agit de l'Accord économique et technique signé à Beijing le 19
septembre 1972, du Protocole d'accord portant sur la réalisation des
projets agricoles signé le 3 avril 1974, du Protocole d'accord relatif à
l'envoi par la Chine d'une mission médicale au Togo du 3 avril 1974, du
Protocole d'accord de coopération économique et technique du 5 mars de la
même année, de l'Accord commercial signé à Lomé le 12 mars 1981, du
Protocole d'accord en matière d'information datant de 1984 et de l'Accord
relatif à la construction d'un hôpital à Kara et d'un stade à Lomé en date
du 8 avril 1989.
Plusieurs réalisations chinoises au Togo illustrent
bien la coopération bilatérale. En effet, depuis 34 ans, le gouvernement
chinois accorde au Togo des prêts qui ont permis la réalisation
de projets importants dans divers domaines. Outre ces crédits, la
Chine fait également des dons en équipement et en médicaments au
Togo.
Le Palais des Congrès de Kara, somptueux édifice
dans le septentrion du Togo, est le joyau d'une assistance chinoise
apportée au Togo.
Au plan industriel, la coopération économique et
technique a permis le financement et la construction par la Chine du
Complexe Sucrier d'Anié.
En matière de santé, on note la construction de
l'Hôpital de Tomdè, un établissement de 100 lits, dans la ville de Kara, à
environ 400 km au nod de Lomé. Cet hôpital renforce les
infrastructures sanitaires de Kara et ses environs. Dans le même
volet, il convient de mentionner que depuis 1974, le gouvernement
chinois a envoyé 16 contingents de médecins au Togo, soit plus de
300 médecins.
Dans le domaine sportif, le stade omnisports de
Kégué à Lomé, avec une capacité d'accueil de 30 000 spectateurs, a été
réalisé grâce à des prêts et dons chinois.
D'autres aspects concrets de la coopération
s'illustrent en matière, par exemple, d'information, d'éducation, de
culture et d'agriculture par: des échanges d'informatios entre l'Agence
Togolaise de Presse (ATOP) et l'Agence de Presse Xinhua (Chine
Nouvelle), la formation d'étudiants togolais dans les universités
chinoises (plus de 150 étudiants togolais ont été formés en
médecine, architecture, mécanique agricole,
radiocommunication... depuis 1985), ainsi que par l'exposition des oeuvres
d'art chinoises, des dons de livres et d'engrais.
Plusieurs nouveaux projets sont envisagés dans le
cadre de la coopération, notamment le développement de la pisciculture
artisanale, la promotion de l'aviculture et de la porciculture
semi-moderne, la réhabilitation et la valorisation d'aménagement
hydro-agricoles dans les régions togolaises de Kara et des
Savanes (nord), l'appui à la sécurité alimentaire, le renforcement des
capacités pour la maîtrise de la production.
A bien des égards, le bilan de la coopération
sino-togolaise est largement positif. Ce partenariat se promet à un futur
radieux comme en a témoigné la visite officielle en Chine qu'a effectuée
le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé du 10 au 19 février
dernier. Cette visite a permis au dirigeant togolais de signer de nombreux
accords avec le gouvernement chinois, dont celui portant financement de la
construction d'un nouveau siège du parlement togolais et celui relatif à
l'octroi de 40 millions de yuans au Togo pour la réhabilitation de
certaines infrastructures. C'est d'ailleurs l'occasion pour le président
chinois Hu Jingtao d'indiquer que l'assistance chinoise au Togo a évolué
de 28% en 2005 par rapport à l'année précédente, portant ainsi la
contribution chinoise à environ 170 millions de dollars.
Les deux dirigeants ont réaffirmé leur attachement
aux principes fondamentaux des relations internationales. Le
président Faure Gnassingbé n'a pas manqué de réitérer la position du Togo
en faveur d'une seule Chine englobant le territoire de Taïwan. Fin